Les mondes miniatures emprisonnés dans les cristaux.
Une inclusion est un corps étranger (minéral, liquide, gaz ou combiné) piégé à l'intérieur d'un cristal hôte durant sa croissance. Les inclusions minérales (protogénétiques, syngenétiques ou épigénétiques selon leur chronologie par rapport au cristal hôte) constituent une branche fascinante de la minéralogie. Elles fournissent des informations précieuses sur les conditions de formation : température, pression, composition des fluides.
Les aiguilles de rutile dans le quartz créent le « quartz rutile » ou « cheveux de Vénus », prisé des collectionneurs. Les inclusions fluides (eau + bulle de gaz) dans le quartz ou la fluorite sont des capsules temporelles de fluide géologique ancien. Le « jardin » des émeraudes est constitué de micro-inclusions de pyrite, calcite et pargasite qui forment un paysage miniature. L'ambre de la Baltique piège des insectes, des plumes et de la végétation datant de 40 à 50 millions d'années.
Les inclusions fluides sont des micro-cavités (de 1 µm à quelques mm) contenant le fluide piégé lors de la croissance du cristal. En chauffant progressivement une inclusion biphasée (liquide + bulle de gaz) jusqu'à l'homogénéisation, on mesure la température de formation du minéral. Cette technique de microthermométrie est un outil fondamental en géologie des gisements métallifères et en pétrologie.
Contrairement à la gemmologie où les inclusions réduisent la valeur d'une gemme, en minéralogie elles peuvent l'augmenter considérablement. Un quartz rutile bien formé vaut plus qu'un quartz transparent pur. Les enhydros (quartz avec inclusion d'eau mobile visible) sont très recherchés. Les échantillons avec des inclusions de minéraux rares (comme le cristal de diamant dans un grenat) sont des raretés muséales.