Vingt-cinq siècles de fascination humaine pour les minéraux et les cristaux.
Théophraste, élève d'Aristote, écrit le premier traité sur les minéraux (Peri Lithon, vers 315 av. J.-C.), décrivant une soixantaine d'espèces. Pline l'Ancien consacre le livre XXXVII de son Histoire naturelle (77 apr. J.-C.) aux pierres précieuses et minéraux. Ces textes mêlent observations précises et croyances magiques, sans distinction entre minéralogie et alchimie.
Georgius Agricola (1494-1555), médecin et naturaliste saxon, publie en 1556 De Re Metallica, premier traité systématique sur les mines et les minéraux. Il introduit une classification basée sur les propriétés physiques observables. Cet ouvrage reste la référence pendant deux siècles. Abbé Haüy, considéré comme le père de la cristallographie moderne, découvre en 1781 que les cristaux sont constitués de « molécules intégrantes » empilées régulièrement.
Friedrich Mohs crée son échelle de dureté en 1812. James Dwight Dana publie la première édition de son System of Mineralogy en 1837. Les grandes expéditions scientifiques rapportent des milliers de spécimens des colonies, enrichissant les musées européens. La chimie minérale progresse avec Berzelius, qui établit les formules chimiques de nombreuses espèces. L'invention du microscope polarisant par Nicol (1828) révolutionne l'identification des minéraux.
La diffraction des rayons X (von Laue, 1912) permet enfin de « voir » la structure interne des cristaux. Hugo Strunz publie sa classification en 1941. La microsonde électronique (années 1960) permet l'analyse chimique ponctuelle. Aujourd'hui, la base de données Mindat répertorie plus de 5 900 espèces et 650 000 localités, et la minéralogie spatiale étudie les minéraux extraterrestres rapportés par les sondes.