Fiche · Province des Sulfures

Molybdénite

Le disulfure de molybdène en feuillets gris de plomb, si tendre et si gras qu’on l’a longtemps confondu avec le graphite et le plomb.

Molybdénite

Disulfure de molybdène · MoS₂

Province
Sulfures
Formule
MoS₂
Système
Hexagonal
Dureté
1 à 1,5 / 10 — échelle de Mohs
Couleur
Gris de plomb à reflets bleutés
Éclat
Métallique · opaque
Gisements
Climax et Henderson (Colorado, États-Unis), Kingsgate (Australie), Knaben (Norvège), Chine

À ne pas confondre avec — le graphite, presque identique à l’œil : la molybdénite est plus dense, ses reflets plus bleutés, et sa trace sur porcelaine tire vers le gris-vert quand celle du graphite reste gris-noir.

✦ Le saviez-vousSon nom vient du grec molybdos, « plomb », car on la confondait autrefois avec le plomb et le graphite. C’est aujourd’hui le principal minerai de molybdène et la source majeure de rhénium, l’un des éléments les plus rares de la croûte terrestre.
Le sulfure qui lubrifie

Un empilement de feuillets soufre-métal

La molybdénite est bâtie sur un empilement de feuillets où chaque plan d’atomes de molybdène est pris en sandwich entre deux plans de soufre. À l’intérieur d’un feuillet, les liaisons sont solides ; entre les feuillets, elles sont très faibles. Cette architecture explique à la fois son extrême tendreté, son clivage parfait en lamelles souples et ce toucher gras qui tache les doigts, exactement comme le graphite.

Longtemps, la molybdénite, le graphite et la galène de plomb furent regroupés sous un même nom vague de « plombagine ». Ce n’est qu’au XVIIIᵉ siècle que le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele démontra qu’elle renfermait un métal nouveau, le molybdène. Cette histoire illustre combien l’apparence, en minéralogie, peut tromper l’observateur.

Elle se forme surtout à haute température, dans les veines hydrothermales et les gisements porphyriques associés aux intrusions granitiques, où elle cristallise en paillettes et en rosettes hexagonales aux côtés du quartz, de la wolframite et de la cassitérite. Les grands gisements du Colorado, comme Climax et Henderson, ont longtemps fourni à eux seuls une part majeure de la production mondiale.

Son intérêt industriel est considérable. Grillée puis transformée, la molybdénite livre le molybdène, un métal qui, ajouté en faible quantité à l’acier, en augmente la résistance, la dureté et la tenue à la chaleur : on le retrouve dans les aciers d’outillage, les turbines et les blindages.

Le disulfure de molybdène lui-même est un lubrifiant solide de premier plan. Grâce à ses feuillets qui glissent les uns sur les autres, il réduit les frottements là où les huiles échouent : sous vide, dans le spatial, sous fortes charges ou à température élevée. On l’emploie en poudre, en graisse ou en revêtement sur les pièces mécaniques.

La molybdénite est enfin devenue une vedette de la recherche sur les matériaux : réduite à un seul feuillet, elle se comporte comme un semi-conducteur et sert à fabriquer des transistors ultrafins, une piste explorée aux côtés du graphène. Un même minéral, du minerai brut au laboratoire de nanotechnologie.

Questions du voyageur

Comment distinguer la molybdénite du graphite ?

Les deux sont gris, tendres et gras. La molybdénite est nettement plus dense, ses reflets sont plus bleutés, et sa trace sur une plaque de porcelaine non émaillée tire vers le gris-vert, alors que celle du graphite reste gris-noir. Une analyse confirme au besoin.

Pourquoi est-elle si tendre ?

Parce que ses feuillets soufre-molybdène-soufre ne sont reliés entre eux que par des liaisons très faibles. Ils glissent à la moindre pression, ce qui donne à la fois sa tendreté (1 à 1,5 sur l’échelle de Mohs) et ses propriétés lubrifiantes.

À quoi sert la molybdénite ?

C’est le principal minerai de molybdène, un métal qui renforce les aciers spéciaux. Le disulfure sert aussi de lubrifiant solide, et la molybdénite est la source majeure de rhénium, récupéré lors de son traitement.

Est-ce une pierre de lithothérapie ?

Non : c’est avant tout un minéral de collection et un minerai industriel. On ne lui connaît pas d’usage traditionnel en lithothérapie, et sa tendreté la rend fragile à manipuler. Cette fiche décrit sa minéralogie, sans visée thérapeutique.

Une molybdénite pour la vitrine ?Cristaux et pièces de sulfures, naturels et vérifiés.

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Sources : Mindat · Wikipédia.

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Le Grand Atlas — l’atlas vivant du règne minéral · Réseau KEVALEX