Fiche · Province des Vanadates

Carnotite

Le vanadate d’uranium jaune canari, minerai radioactif des grès du Colorado, dont un simple pour-cent suffit à teinter la roche entière.

Carnotite, enduit jaune canari pulvérulent sur matrice claire
Photo : Rob Lavinsky / iRocks.com, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Carnotite

Vanadate hydraté d’uranyle et de potassium · K₂(UO₂)₂(VO₄)₂·3H₂O

Province
Vanadates
Formule
K₂(UO₂)₂(VO₄)₂·3H₂O
Système
Monoclinique
Dureté
~2 / 10 — échelle de Mohs (souvent pulvérulente)
Couleur
Jaune vif à jaune-vert (canari)
Éclat
Mat à terreux, parfois nacré · opaque
Gisements
Plateau du Colorado dont le district d’Uravan (États-Unis) — localité type, Wyoming et Utah (États-Unis), Échassières (Allier, France), Mounana (Gabon), Radium Hill (Australie)

À ne pas confondre avec — la tyuyamunite, son homologue au calcium, et l’autunite, un phosphate d’uranium vert fluorescent : la carnotite est un vanadate, plus jaune, terreux et pulvérulent, et sa fluorescence est faible ou nulle. Toutes sont des minéraux d’uranium radioactifs, à manier avec précaution.

✦ Le saviez-vousDécrite en 1899, elle est dédiée à Marie-Adolphe Carnot, chimiste et ingénieur des mines français. Avant l’ère nucléaire, on l’exploitait surtout pour le radium et le vanadium ; elle alimenta même, hélas, les fameux « appareils » de charlatanerie radioactive du début du XXᵉ siècle.
Le vanadate d’uranium des grès

Une poudre jaune à manier avec prudence

La carnotite est un vanadate hydraté d’uranyle et de potassium, d’un jaune canari éclatant. Ses cristaux véritables, rares et minuscules, dépassent rarement deux millimètres : le minéral se présente presque toujours en croûtes, en enduits pulvérulents et en imprégnations poudreuses qui colorent vivement la roche encaissante. Un pour-cent de carnotite suffit à teinter tout un grès de jaune vif.

C’est un minéral secondaire, né de l’altération de minéraux primaires d’uranium comme l’uraninite au contact des eaux de surface. On le trouve typiquement dans les paléochenaux gréseux des climats arides, souvent concentré autour de débris végétaux fossilisés — troncs et branches pétrifiés dont le carbone a piégé l’uranium et le vanadium. Le plateau du Colorado, aux États-Unis, en est le domaine emblématique.

Sa découverte, en 1899 par les Français Charles Friedel et Édouard Cumenge, marqua l’histoire industrielle. Longtemps, la carnotite fut le grand minerai d’uranium et de vanadium de l’Ouest américain, mais aussi une source de radium : c’est de ces grès jaunes que provenait une partie du radium des premières décennies du XXᵉ siècle, avant que le vanadium, allié précieux des aciers, ne prenne le relais économique.

La carnotite est radioactive, car elle contient de l’uranium. Cette radioactivité impose des précautions strictes : on conserve les spécimens dans des boîtes fermées et ventilées, on évite d’en respirer la poussière et le radon qui peut s’en dégager, on ne la ponce pas et l’on se lave les mains après toute manipulation. Ce n’est en aucun cas une pierre à porter, à immerger ou à réduire en poudre.

Précisément pour ces raisons, la carnotite n’a aucune place en lithothérapie ni en bijouterie : aucune vertu supposée ne saurait justifier de porter au contact de la peau un minéral radioactif et pulvérulent. Sa fascination reste celle d’un objet d’étude et de collection, témoin d’une chimie de l’uranium à traiter avec le respect que ce métal impose.

Aujourd’hui, l’uranium sert de combustible nucléaire et le vanadium renforce les aciers spéciaux et équipe certaines batteries de stockage d’énergie. Entre son rôle historique dans la quête du radium et sa place actuelle dans le cycle du nucléaire, la carnotite condense à elle seule un pan entier de l’histoire des minerais énergétiques.

Questions du voyageur

La carnotite est-elle radioactive et dangereuse ?

Oui, elle contient de l’uranium et émet un rayonnement. Un petit spécimen bien conservé se manipule avec précaution : boîte fermée et ventilée, aucune poussière inhalée, pas de ponçage, lavage des mains. On évite absolument de la porter, de l’immerger ou d’en faire un « élixir ».

Quelle différence avec l’autunite ?

L’autunite est un phosphate d’uranium vert, à la fluorescence intense sous ultraviolets. La carnotite est un vanadate d’uranium, plutôt jaune canari, terreux et pulvérulent, à la fluorescence faible ou nulle. Les deux sont radioactifs.

À quoi a servi la carnotite ?

Elle fut un minerai majeur d’uranium et de vanadium, et une source historique de radium avant l’ère nucléaire. L’uranium sert aujourd’hui de combustible nucléaire et le vanadium renforce les aciers et équipe certaines batteries.

Peut-on l’utiliser en lithothérapie ?

Non. Étant radioactive et poudreuse, la carnotite ne doit être ni portée, ni immergée, ni transformée en élixir. C’est un minéral de collection, à conserver et manipuler avec les précautions propres aux minéraux uranifères. Pour la santé, seul un professionnel est compétent.

Une carnotite pour la vitrine ?Cristaux et pièces de vanadates, naturels et vérifiés.

Voir sur France Minéraux →

Lien commercial divulgué vers notre boutique partenaire.

Sources : Mindat · Wikipédia.

✦ ✦ ✦
Le Grand Atlas — l’atlas vivant du règne minéral · Réseau KEVALEX