Withérite
Le carbonate de baryum en macles pseudo-hexagonales, minéral discret des filons de plomb anglais — beau, mais toxique.
Withérite
Carbonate de baryum · BaCO₃
- Province
- Carbonates
- Formule
- BaCO₃
- Système
- Orthorhombique (macles pseudo-hexagonales)
- Dureté
- 3 à 3,5 / 10 — échelle de Mohs
- Couleur
- Incolore, blanc, gris, jaunâtre
- Éclat
- Vitreux à résineux · translucide
- Gisements
- Northumberland et Durham (Angleterre), Allemagne, Illinois (États-Unis)
À ne pas confondre avec — la barytine (sulfate de baryum) et la strontianite : la withérite est un carbonate et effervesce dans l’acide, ce que ne fait pas la barytine ; elle forme souvent des bipyramides pseudo-hexagonales dues à des macles.
Un minéral de filon, beau et vénéneux
La withérite est le carbonate de baryum, un minéral relativement rare qui se forme dans les filons hydrothermaux de basse température, souvent en compagnie de la galène et de la barytine dans les anciens districts plombifères. L’Angleterre du Nord, autour du Northumberland et du Durham, en a livré les plus beaux spécimens du monde.
Sa signature, ce sont ses cristaux en forme de bipyramides à section hexagonale. Cette apparence est trompeuse : la withérite est en réalité orthorhombique, mais l’assemblage régulier de trois individus maclés lui donne cette fausse symétrie hexagonale qui a longtemps intrigué les minéralogistes. Beaucoup de spécimens sont aussi fluorescents sous ultraviolets.
Historiquement, elle fut identifiée par William Withering, plus connu pour avoir introduit la digitale en médecine. En la distinguant de la barytine, il montra qu’un même métal, le baryum, pouvait se cacher sous deux minéraux très différents — l’un carbonate, l’autre sulfate.
La withérite a servi de source de composés de baryum pour l’industrie : verrerie, céramique, briques réfractaires, et même comme raticide, car les sels de baryum solubles sont violemment toxiques. Aujourd’hui, la plupart de ces usages passent par des dérivés de la barytine, plus abondante et moins dangereuse à extraire.
C’est aussi ce qui impose la prudence au collectionneur : légèrement soluble, la withérite libère du baryum toxique. On évite de la lécher — un vieux réflexe pour tester l’effervescence —, on se lave les mains après manipulation, et on ne l’emploie jamais pour préparer des « élixirs ». Ce n’est pas une pierre de lithothérapie.
Questions du voyageur
Withérite ou barytine ?
Les deux contiennent du baryum, mais la withérite est un carbonate (BaCO₃) et la barytine un sulfate (BaSO₄). La withérite effervesce dans l’acide dilué, pas la barytine : c’est un test simple pour les distinguer.
La withérite est-elle toxique ?
Oui. Étant un composé de baryum légèrement soluble, elle est toxique en cas d’ingestion. On la manipule avec précaution, sans la porter à la bouche, et on se lave les mains après l’avoir touchée.
D’où vient son nom ?
De William Withering, médecin et naturaliste britannique qui, au XVIIIᵉ siècle, démontra qu’elle différait de la barytine. Son nom lui rend hommage dans la nomenclature minéralogique.
Est-ce une pierre de lithothérapie ?
Non : c’est un minéral de collection, toxique, qui n’a aucun usage traditionnel en lithothérapie et ne doit jamais servir à des élixirs. Cette fiche décrit uniquement sa minéralogie.
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