Anhydrite
Le sulfate de calcium « sans eau », cousin sec du gypse, dont la variété bleue est connue des étals sous le nom d’angélite.
Anhydrite
Sulfate de calcium anhydre · CaSO₄
- Province
- Sulfates
- Formule
- CaSO₄
- Système
- Orthorhombique
- Dureté
- 3 à 3,5 / 10 — échelle de Mohs
- Couleur
- Incolore, blanc, gris-bleu, violacé
- Éclat
- Vitreux à nacré · transparent à translucide
- Gisements
- Naica (Mexique), Pérou (angélite), Stassfurt (Allemagne), Alpes
À ne pas confondre avec — le gypse, son proche parent hydraté : l’anhydrite est plus dure (3 à 3,5 contre 2 pour le gypse) et plus dense. La variété bleue massive, vendue sous le nom commercial d’« angélite », est bien de l’anhydrite.
Une histoire d’eau perdue et retrouvée
L’anhydrite est un sulfate de calcium sans molécule d’eau, ce qui la distingue du gypse, chimiquement identique mais hydraté. Cette différence apparemment mineure suffit à changer sa dureté, sa densité et son comportement : l’anhydrite est plus dure, plus lourde, et surtout avide de reprendre l’eau qui lui manque.
Elle se forme dans les bassins évaporitiques : lorsque l’eau de mer s’évapore sous un climat chaud et sec, les sels précipitent tour à tour, et l’anhydrite se dépose de préférence au gypse dans les eaux les plus chaudes. Enfouie en profondeur, elle constitue d’épaisses couches associées au sel gemme et au gypse.
Son grand caprice, c’est la réhydratation. Au contact de l’eau, l’anhydrite se transforme lentement en gypse en augmentant de volume. Ce gonflement, spectaculaire à l’échelle géologique, a causé bien des soucis aux ingénieurs : certains tunnels percés dans des couches d’anhydrite se sont soulevés de plusieurs centimètres par an.
La variété d’un bleu pâle apaisant, massive et compacte, est commercialisée sous le nom d’« angélite », surtout d’origine péruvienne. Très prisée pour la décoration et la taille de petits objets, elle reste tendre et sensible à l’eau, qui la ternit et peut la faire blanchir.
Sur le plan des traditions, l’angélite est parfois présentée en lithothérapie comme une pierre « de douceur » ou « de communication ». Ces usages relèvent de croyances et de la tradition : ils ne reposent sur aucune preuve scientifique ou médicale, et cette fiche ne leur reconnaît aucune vertu thérapeutique.
Questions du voyageur
Quelle différence entre anhydrite et gypse ?
Les deux sont du sulfate de calcium, mais le gypse contient de l’eau dans sa structure (CaSO₄·2H₂O) et l’anhydrite non (CaSO₄). L’anhydrite est plus dure et plus dense ; au contact de l’eau, elle tend à se transformer en gypse.
L’angélite est-elle de l’anhydrite ?
Oui. « Angélite » est un nom commercial désignant une anhydrite massive de couleur bleu pâle, surtout péruvienne. Elle reste tendre et craint l’eau, qui peut la ternir ou la faire virer au blanc.
Pourquoi gonfle-t-elle au contact de l’eau ?
Parce qu’elle se réhydrate en gypse, une transformation qui s’accompagne d’une augmentation de volume. Ce gonflement lent peut soulever les ouvrages construits dans des couches d’anhydrite, un problème bien connu en génie civil.
A-t-elle des vertus en lithothérapie ?
La tradition prête à l’angélite des propriétés apaisantes, mais il s’agit de croyances sans fondement scientifique. Aucune vertu médicale ne lui est reconnue : en cas de problème de santé, seul un professionnel de santé est compétent.
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